A l’heure où la directive Natura 2000 commence à entrer dans les faits, où la prise de conscience de notre responsabilité vis-à-vis de la nature et de notre environnement devient plus explicite, la passion de certains d’entre nous pour la nature et les êtres vivants qui la peuplent a cessé d’être une activité de doux rêveur. L’écologie a enfin droit de cité, elle est enfin devenue une exigence politique.

Le département du Gard compte 41 sites Natura 2000, dont 3 à proximité de Nîmes : les gorges du Gardon, le camp des garrigues, la costière nîmoise, qui désignent de vastes territoires marqués par la géologie et le climat méditerranéen tempéré humide, un climat typiquement excessif dans toutes ses manifestations. Ces caractéristiques se retrouvent peu ou prou dans toutes nos régions méditerranéennes.

Les remarquables documentaires diffusés par les médias pourraient nous faire croire que cette biodiversité qu’on dit à juste titre menacée se trouve dans des pays lointains et exotiques alors qu’elle est à notre porte. C’est bien le cas des garrigues languedociennes, d’une richesse insoupçonnée et accessible au promeneur, au randonneur, au passionné de botanique, à toute personne qui veut bien prendre le temps de s’arrêter pour regarder. Sans exubérance mais avec une grande efficacité, les végétaux méditerranéens sont adaptés à ces climats exigeants et sont à ce titre très originaux.

Le présent petit guide, résultat de décennies de passion à la fois pour la botanique et la photographie, est mis à la disposition des contemplatifs amoureux de la nature et qui aspirent à mieux la connaître ; car pour préserver et défendre, il faut savoir. Ce n’est pas une flore, c’est un catalogue pratique et visuel pour une identification immédiate, sans prétention à l’exhaustivité, un premier pas vers un approfondissement plus scientifique. Les ressources bibliographiques ne manquent pas fort heureusement.

Avec Garriflore, nous présentons en cinq fascicules les végétaux des garrigues un peu comme le promeneur peut les aborder. En premier lieu, ce qui se voit de loin et caractérise le paysage, la strate des arbres, et de plus près celle d’arbustes qui remplit les vides à leur pied. Une ambiance changeante au fil des saisons. Il y a les permanents par leur feuillage "toujours vert", qui assurent été comme hiver une bonne garniture chlorophyllienne. Le printemps les voit classiquement se couvrir de fleurs, explosion des cistes cotonneux aux belles fleurs roses, abondant chevelu des chatons des chênes verts, la garrigue devient un jardin coloré. D’autant plus qu’émergent rapidement des plantes qui sont quasiment invisibles pendant 9 à 10 mois par an ; les iris nains décorent joliment les pelouses arides, mais ils ne sont pas les seuls. Le botaniste attend le printemps avec impatience. Il sait que la mi-juin amorcera un autre genre d’hiver, les mois brûlants de l’été qui exigent de bonnes adaptations et font disparaître à nos yeux, momentanément, 90% des plantes.
La garrigue, un univers difficile sur tous les plans qui a sélectionné de très nombreuses espèces résistantes. C’est l’objet du 6ème fascicule qui vous fera pénétrer dans ces adaptations développées par la Nature, aux surprenantes subtilités.
Bonnes promenades !

Marcel VAILLAUD
marcel.vaillaud@orange.fr

Marcel Vaillaud © 2013